03-02-2004
Le vendredi 23 Janvier, alors que je viens d’arriver dans la cour de la maison de Willy, je croise Amélie qui est sur le point de préparer le Tô, plat national Burkinabé. Curieux de savoir comment est préparé la mixture, je vous livre les secrets d’un bon Tô, au cas où vous voudriez faire la même chose chez vous?!
Tout d’abord la cuisine! Elle se trouve au centre de la cour, c’est une petite maison qui possède une entrée (sans porte) et une toute petite aération à l’intérieur.
Elle est utilisée par tous les membres de la famille.
Il y fait bien chaud, la température extérieure se rajoute à la chaleur des feus des casseroles. La fumée a du mal à s’évacuer, si bien que je ne tarde pas à tousser au bout de quelques secondes!
Tout en s’engouffrant dans la cuisine, Amélie me propose d’assister à la préparation depuis le palier de la porte, c’est mieux.
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Elle me montre un récipient qui contient la farine de mais, unique constituant du Tô. |
Etape 1, faire bouillir l’eau dans une grande marmite.
Etape 2, une fois que l’eau commence à bouillir, il faut pré-mélanger dans un récipient la farine à de l’eau - en dehors du feu, ceci afin d’obtenir une pâte fluide dès le départ et pour ne pas avoir de grumeaux.
On verse la farine diluée dans la marmite d’eau bouillante et on Laisse bouillir 15 minutes environ…
Etape 3, on rajoute des poignées de farine dans l’eau bouillant de la marmite, tout en remuant énergiquement.
C’est l’étape la plus « sportive » du Tô : Amélie se sert d’une énorme spatule pour remuer la préparation. Pour avoir plus de contrôle et ne pas renverser la marmite, elle la fixe avec 2 tiges en fer qu’elle bloque avec ses pieds.
Elle remue pendant plusieurs minutes. Plus elle rajoute de la farine, moins la pâte se laisse malaxer facilement… c’est assez impressionnant de la voir touiller sans fatiguer!
Etape 4, elle plonge (gloups) sa main dans l’eau bouillante pour toucher le Tô et vérifier sa consistance… La je suis épaté, je cligne des yeux et lui demande du regard si elle va bien… elle rigole et me dit qu’elle y est habituée.
Etape 5, avec l’aide d’une louche en bois, elle commence à récupérer le Tô qu’elle dispose en couche dans des casseroles vides…
Etape 6, elle laisse légèrement refroidir le Tô déposé dans la casserole avant d’y rajouter une couche. Ceci facilite la formation des galettes de Tô qui se décollent plus facilement au cours du repas.
Etape 7, pour mieux conserver le Tô qui ne serait pas mangé le midi même, elle dépose des boules de Tô encore chaudes dans de l’eau froide.
A côté, elle a fait réchauffer du Gombo sec, sauce qui se mange avec le Tô.
C’est prêt! A table!!!
Le Tô se mange avec les doigts. Je dois bien avouer que le Tô n’est pas le plat le plus facile à manger pour un européen. Les arômes sont forts et le Tô en lui-même a plutôt un goût faussement neutre, ni vraiment salé, ni vraiment épicé mais avec du goût… allez savoir…
Voili Voiloo, Merci Amélie, à bien-tô !  |